Note pour apprécier un concert de Saez : faire abstraction des lili poseuses et des petits coqs de 15 ans.
Me voilà réconcilié avec Damien.
Après les catastrophiques concerts pédants piano et voix, je redoutais ce nouveau rendez-vous électrique à Lille.
Pensez donc…
Des centaines de jeunes et très très cons errent près du Zénith, hurlant, couinant, chantant, posant.
Je connais trop bien l’oiseau Saez et me dis qu’une nouvelle messe face aux fidèles n’est pas impossible.
Il n’en sera rien.
Enfin, pas totalement. Quelques sales effets mégalos pointeront tout de même, mais rien en comparaison des dates à La Cigale.
Point de 1ère partie.
Belle affaire.
Le Zénith n’est pas complet ce soir. Deux rideaux sont tirés dans les tribunes. Configuration réduite.
Tu es ma lumière ouvre le tir de fort jolie façon. Damien tout en contre jour, bouffe la scène. Je retrouve sa voix incantatoire qui me martèle le ventre comme lors de l’entrée en scène de la tournée God Blesse. Simple, mais terriblement efficace.
S’en suivent CNN, Défoncé, défonce moi couplé au Gloria des Doors –effet saisissant-, puis le drame.
Debbie arrive - dansant toute nue dans les bars - , les petites poules se réveillent.
« Bah oui, c’est bien beau les Doors, mais je ne connais pas, moi. Je n’ai que 15 ans. Du coup, je me fais entendre, quitte à exploser le tympan du voisin. »
Passons.
Sympathique version, qui s’amuse des attentes du public, repoussant les attaques rythmiques, se permettant même d’audacieux breaks.
La nouvelle version de Jeune et Con ne me marque pas, le riff de guitare est néanmoins sacrément péchu.
Chaque chanson jouée –ou presque- est réarrangée. Nous n’assistons pas à un vulgaire service après vente.
Damien est conscient de ses effets, il s’en délecte. Il introduit des titres par des transitions pas toujours très fines… Fils de France –JMLP- déboule après un « en parlant de Satan… »
Jours étranges –superbe- cède la place par un « si tu viens avec moi… à St Pétersbourg… »
Damien rit même de ses enchaînements.
Beaucoup de grands moments ce soir au Zénith.
Menacés mais libres , puis Montée là haut sont rejoués. La tension est palpable. Légèreté de l’instant, malgré des textes peu joyeux.
« Non, non, je ne les ai pas vu, mes cinq blaireaux qui beuglent et dansent sur ces compositions… »
Sexe est proposée dans une version plus rock, exit la boîte de nuit de God Blesse. La fosse est bouillante.
La température monte encore de quelques degrés avec Marie ou Marilyn. « A Grenoble, c’était sympa, les filles étaient seins nus… »
Que n’avais tu pas dis là, malheureux… !
En quelques secondes, Lille a la poitrine à l’air. Pas de chance pour moi, je n’ai toujours que les 4e, 3e près de moi.
A ton nom et son entêtant God blesse America, Inch Allah remet un peu d’ordre dans le baisodrome.
2h45 de concert.
Quelques longueurs malheureusement.
Night in white Satin, interminable, et autres Voici la mort pompeuse.
Fais moi l’amour Maman, fait toujours autant réagir les jeunes en mal de phrases chocs. De même dès qu’un « putain » est prononcé sur scène, c’est l’hystérie.
« Les 5e, vous vous mettez en rang ? Merci. »
A d’autres moments, mon attention fléchit, mais en regard des 165 minutes passées sur scène, je ne fais pas la fine bouche.
Chapeau bas Monsieur.
Salop, tu auras réussi à me remettre dans tes filets !
Note pour apprécier un concert de Saez : pensez à savater les casseroles et autres furieuses pour avoir la paix.
Noesis.
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