mercredi 27 mai 2009

MARILYN MANSON : The High End Of Low


MARILYN MANSON : The High End Of Low


Un album qui tient difficilement sur la longueur. Cependant quelques pépites noires se nourrissent des morceaux rebus pour mieux exister. La voix de Manson fait une nouvelle fois des dégâts, et se meut dans d’improbables excroissances. Musicalement, le fan est en terre connue ; le critique davantage en terre maudite. Difficile de poser un regard neuf sur un personnage que l’on croît connaître depuis des décennies. Se jouant du qu'en dira t’on, Manson avance, conquérant. Quitte à passer en force. Les ambitions sont grandes, parfois pompeuses (I want to kill you…).

Comme sur l’autel, il y a à boire et à manger sur cette nouvelle hostie putride. « Au commencement était la parole », Devour sonne comme une complainte à donner la chair de poule. Manson, implorant, donne le vertige. Un titre sans artifice, presque épuré. La montée en puissance de l’émotion est palpable, jusqu’au final qui allie la force destructrice d’un Antichrist Superstar forniquant sur les orageuses mélodies de Eat Me Drink Me. Le doublé gagnant d’entrée est une totale réussite, Pretty as a swastika passe la cinquième sans crier gare. Du Manson pur jus, saturé comme à la belle époque (Antichrist et mieux : Portrait Of An American Family) Le refrain est saccadé, hurlé. Très court (2mn45s), mais intense, le titre n’est pas forcément révolutionnaire, mais diable qu’il est bon de se refaire botter les fesses de la sorte.

Autre objet de fascination : Four Rusted Horses sonne comme du Johnny Cash sous acide. Un délice au casque, le mix est enivrant. C’est le cœur serré, que l’on sort épuisé de ce titre monstrueux. Une phrase résonne alors comme une fausse promesse : « everyone will come to my funeral to make sure that i stay dead ». C’est là que le bas blesse.
Car qui a peur aujourd’hui de Marilyn Manson ? Il n’est plus l’homme à abattre, encore moins la terreur d’une Amérique puritaine. Ce faux délire de persécution n’a plus droit de citer. L’homme avait pris le pas sur le révérend, Brian Warner avait bel et bien enfermé dans la douleur son double maléfique sur Eat Me Drink Me.
De même, les bondieuseries ne peuvent plus être fond de commerce et s’est presque une insulte que de proposer un We’re From America à ce stade d’une carrière aussi incroyable. Et pourtant, ce single probable reste ultra efficace. Ultra balisé, ultra pop, le titre semble taillé pour le live façon bourrage de crâne. Les paroles n’arrachent pas trois pages à une Bible qui commence sérieusement à sentir le réchauffé. Mais « God is an excuse ». Effectivement.


Roublard le Manson, nous ressert avec Arma-goddamn-motherfuckin-geddon le single cradingue qui rameute la foule. Définitivement passé maître dans l’art de tromper son monde, l’homme propose un titre aux accents glams presque anecdotique, comparé aux pièces maîtresses de l’album.
Car du potentiel, l’album en regorge. Impossible de le nier. The High End Of Low en a sous le pied, les trésors les plus courus sont souvent les plus difficiles à dénicher. C’est par exemple au détour d’un refrain effroyable que l’easy listening Running To The End Of The World se révèle. Ce qui au premier abord semble n’être qu’une ballade d’un autre temps prend alors la tournure d’un coupe gorge désabusé.

Brillamment marketté comme l’album du retour au gros son, The High End Of Low est tout sauf cela et reste avant tout une continuité dans l’exploration des émotions d’un artiste fascinant. Inégal et parfois bancal (Wight Spider, Unkillable monster et autre incongru WOW), le Marilyn Manson nouveau impressionne néanmoins. Et secrètement, personne n’osait en douter !

Noesis.

jeudi 7 mai 2009

INTERVIEW DEATHSTARS.



« Pour plus d’infos, nous devrions coucher ensemble… »

Soirée Halloween en compagnie de Whip. Le chanteur de Deathstars, si impudent sur scène nous confie sa timidité dans la vie de tous les jours, mais ne rate pas une occasion de nous inviter à le rejoindre au lit…
Epuisé mais heureux après une longue période d’enregistrement sans heurts, il confirme que Night Electric Night (originellement connu sous le titre Death Glam) sera encore plus sexy que Termination Bliss. « Même vos parents se désaperont à l’écoute du nouvel album » Explorant davantage les côtés pop de leur musique, les musiciens s’enthousiasment de cette nouvelle dynamique, sans renier pour autant les faces les plus sombres et glamours de leur univers. Whip évoque alors Blood Stain Blondes et Opium, deux titres à l’énergie pop communicative qui rallieront à la cause Deathstars n’importe quel réfractaire.
Plus libre que jamais, le groupe salue néanmoins l’héritage de la scène metal extrême : « Le black et le death metal sont le centre de notre ossature. »

« It’s all about Kiss. »
Whip aime comparer Deathstars à un « mini Kiss ». Leur image n’est qu’une extension presque naturelle de leur musique. Sur scène, Whip se sent chez lui, en sécurité. Ailleurs, il vit dans la peur d’un monde dirigé par John Mc Cain. Il apporte donc son soutien à Obama, même s’il vomit sur les States et leur propension à tout détruire.

« Death magnetic est un très bon album… »
Surfant sur la vague de la polémique, Whip nous assure que tout le cirque organisé autour du plagiat présumé de Metallica n’était qu’une grosse plaisanterie. Ironique, il ajoute que Metallica n’a même probablement jamais entendu parlé de Deathstars !

Finalement, Whip nous avoue n’attendre qu’une seule chose: le retour de Deathstars sur scène, en tête d’affiche, cet été ! Il revient volontiers sur la tournée commune avec Korn, un gros challenge selon lui. Jouer devant la génération Néo, ce n’était pas gagné, mais il semble avoir apprécié l’expérience.

« J’ai toujours cette folle envie de jouer à Tchernobyl… »
Le réacteur Deathstars est en fusion. Nul doute que son nouvel attentat nucléaire marquera le début de l’année 2009 d’une empreinte glam et sexy.


Noesis.

Abd Al Malik, Lille, Sébastopol, Mars 2009.



Abd Al Malik, c’est avant tout l’histoire d’un malentendu. Il n’est pas que la bête de foire intello et télégénique que les médias veulent nous imposer, le modèle de réussite issu des quartiers. Il est avant tout une bête de scène qui déborde d’envie. « Un truc de malade ! »…

Sébastopol affiche presque complet lorsque Taïro monte sur scène. Le temps de quelques titres, ce nouveau talent Warner arrive à convaincre le public. Sa soul teintée de reggae touche le public en plein cœur. Je ne t’aime plus embarque Lille dans un univers propice au cocooning. Chaude et suave, la voix de Taïro administre une sacrée dose de cool attitude. L’artiste fait même déjà preuve d’audace en imbriquant l’inattaquable No Woman No Cry dans son L’animal Geint. Deux pépites sortent du lot ce soir : Jamais Eu et Dis Moi Ce Que Tu Décides qui feront perler les bonnes vibes jusqu’en fond de salle. Une réelle surprise.

Abd Al Malik a méchamment mis à mal les préjugés. Le plus tenace restait celui du Black érudit qui se la raconte. Sur scène, là où on ne le voit pas assez souvent à la télévision, il en impose. Qu’importe si l’homme est un orateur hors pair assis face caméra. Debout face au public, il est à nu et va chercher même les plus sceptiques.
L’introduction sur Soldat De Plomb en a mis plus d’un à terre. Tout en ombre démultipliée, le Roi (Malik) fait déjà son show. Emmitouflé sous sa capuche, il marche au pas et donne le rythme à une soirée qui promet d’être dansante et réfléchie. Sur les planches, la force brute d’une formation live à l’efficacité redoutable : accordéon, contrebasse, batterie, guitare, machines, piano et claviers. Bien loin du tape à l’œil, le rappeur fait sonner son phrasé Nougaro avec une plume parfois empruntée à Brel. L’émotion est souvent à fleur de peau : Conte Alsacien et C’est du lourd en tête de liste. Une force live telle que ce dernier titre se verra offrir les honneurs d’une standing ovation de tous les diables !
Moins pertinente sera la version sous acide de 12 Septembre 2001. Peut être la seule fausse note d’un concert enlevé.
Roublard, Abd Al Malik maîtrise sa scène d’expression. Il sait enflammer une foule et la remercier pour cet échange sincère. Gibraltar reste le point d’orgue de cette communion, un classique de la chanson française, rien que cela. Sur un beat affolant, Malik fait durer le plaisir et étire le titre jusqu’à plus soif. En liesse, Sébastopol acquiesce. L’alchimiste déclame alors un dernier conte merveilleux empli de positivisme et s’en va.
« Je suis votre humble serviteur. Je m’appelle Abd Al Malik. »



Noesis.

ACWL : une vie plus tard.



Petite critique flash back du deuxième album de ACWL.
Méchamment passé au crible d’une foule extatique d’Indo fans lors de l’épilogue du Paradize Tour 2003, le groupe sortait en 2005, une pépite de rock façon new wave.
Aussi à l’aise dans l’électro –Délivrez moi- que dans de plus sombres affects –Les amants du paradis-, Céline, chanteuse habitée, porte une musique troublante, un univers bancal d’amours déglingués.
Solisphère, monument spectral qui aurait eu sa place en ouverture hante l’auditeur des heures durant. Une voix contemplative malmenée par des saturations déchirantes.
Des fissures que l’on retrouve dans le duo enregistré avec Nicola Sirkis –Indochine-.
Quand viendra l’heure, sépulture moribonde qui craquelle les cœurs en une deuxième partie métallique, toutes guitares dehors.
Romantisme exacerbé, on pense parfois à The cure ou à Joy Division sur ces onze titres. Onze signes de l’excès et de la démesure. Un chiffre à part, sacré.
Les années passées, le monde de ACWL reste angoissant et tragique. Définitivement dans son temps.

Noesis.

AEROSMITH. PARIS BERCY. Le 19/06/07.



Aerosmith. One Night in Paris. The place to be.
Bercy la Belle affiche complet en cette chaude soirée de Juin. Des années que les fans attendent le retour du gang Tyler en France. L’introduction sur écran géant donne le ton. Le logo se pose lentement sur la planète bleue. La leçon de géographie passée, Love in a Elevator fait lever les mauvais élèves. Le son est impeccable pour le bunker parisien. Steven prend déjà les poses les plus improbables. Incroyable comme le temps ne semble pas avoir d’emprise sur lui. Joe Perry, le visage davantage marqué par les années de route fait le show. La fosse est en ébullition. La mise en bouche est délectable. Le chanteur au charisme animal se déhanche sur l’avancée de la scène. Chapeau vissé sur la tête, dégaine d’un autre âge, la classe faîte homme harangue la foule.
Les titres s’enchaînent, des extraits de clips sont diffusés pour accompagner le groupe.
Monté en direct avec les images live, le spectacle est également visuel. Le public ne sait plus où donner de l’œil. Une inscription sur le bas ventre du leader attire néanmoins l’attention : lèche moi. La gente féminine apprécie. Le rot introductif de Miss a Thing n’altère même pas son sex appeal. Filmé en plans serrés, cheveux au vent-ilateur-, Steven a de quoi mettre sur les fesses.
Baby please don’t go assomme encore davantage l’audience. Contre plongé sur Tyler, des couleurs chaudes savamment travaillées… Il en prend alors des allures quasi-christiques. La messe est dite. Le temple Aero, citadelle imprenable, reste un lieu de culte incontestable. Dream On met Bercy en suspend. L’instant touche au divin, une douce sensation de plénitude emplit la salle.
La Gibson double manche est de sortie pour Living on the Edge, Perry assure également le chant sur Stop Missing Around, introduite par un road-movie du guitariste touriste en capitale française. Le duo-star éclipse presque les autres membres. Steven prend l’harmonica, back to the oldies ! Le numéro est bien rodé, parfois un peu trop. Mais le pardon est bien vite accordé devant tant d’abnégation. Le groupe se donne sans retenue, Sweet Emotion laisse la part belle au public. La communion est totale. Pain béni pour les fidèles, le rappel sur Walk This Way ravive la flamme. Dernière croisade ?
Non. Les lumières se rallument, mais le groupe revient pour en découdre à nouveau. Mama Kin est jeté en pâture aux dévots avides. Un cadeau rare pour un concert d’une rare intensité. « Oh Yeah ! »

Noesis.

Air, Aéronef, Lille, Le 17 Novembre 2007.



L’Aéronef retrouve l’affluence des grands jours. La mezzanine est ouverte à un public majoritairement adulte. L’accueil réservé à Au Revoir Simone est des plus timides. Avec pareil intitulé, le public s’attendait peut être à découvrir un groupe de chansons françaises…Les trois américaines viennent défendre leur nouvel opus : The Bird Of Music. Un son électro à la sauce pop sixties. Les demoiselles, studieuses, offrent peu, afférées au cœur de leurs machines. Un show propre et sobre qui ne se permet aucune liberté. Mais étonnamment, les compositions restent en tête. Des ambiances nostalgiques, un son quelque peu désuet font tout le charme de cet intriguant trio.
Air arrive en territoire conquis. Le public est définitivement plus réceptif et attentif que lors d’un Main Square Festival (Arras) de triste mémoire. Nicolas et Jean-Benoît, toujours aussi classes, déroulent un électro lent, presque envoûtant. A la limite du psychédélique parfois. La salle semble absorbée, comme en communion avec la musique. Davantage reçu comme une invitation à faire corps avec le calme apaisant de la musique ; le concert est planant, sans esbroufe visuelle ou sonore. La voix est murmurée. Quelques soucis techniques, bien vite oubliés lorsque résonnent les premières notes de Cherry Blossom Girl, perturbent les premiers instants célestes. People In The City plonge l’auditoire dans une torpeur mesurée. Chaque son est digéré, chaque mot est une douceur susurrée à l’oreille.
Quelques étoiles s’allument en fond de scène. L’expérience hallucinante est totale. Kelly watch the stars avec le public. Les yeux grands ouverts, les aficionados plongent dans une bataille spatiale gracieuse. Des envolées de claviers à faire pâlir Matthew Bellamy baignent dans une lumière rouge du plus bel effet.
Sexy Boy, passage obligé, en rappel, propose un nouveau voyage. Encore plus fantasmagorique, cette fin de set prolonge le plaisir. Lentement, l’Aéronef retrouvera l’atmosphère terrestre, avant de fermer ses portes.

Noesis.

APOCALYPTICA : Aeronef, Lille. Le 28 Novembre 2007.



Projet casse gueule. Apocalyptica prouve, une nouvelle fois, que le mélange entre le metal et le noble instrument n’est pas glacial. Et pourtant, des sceptiques, il y en avait, ce soir. Ceux qui n’attendaient que les reprises de Metallica, ou les quadras qui découvrirent la formation en tournée avec Rammstein. Tous, tous furent conquis par un set d’une précision chirurgicale.
En première partie, Lacrimas Profundere peine à convaincre. Poseur à souhait, le front man Rob semble fort peu concerné. Parfois même agacé de devoir prolonger son supplice en attendant la tête d’affiche. Aussi coquet que HIM, ses mimiques font néanmoins fondre la gente féminine. Etonnament, leur musique s’apprécie davantage sur albums. (Le très bon Ave End) Dommage que l’énergie déployée en studio ne se retrouve pas sur scène.

Une lumière blafarde inonde la salle. Quatre crânes, quatre trônes troublent le public.
Worlds Collide donne les premiers frissons. L’entrée est théâtrale. Les musiciens prennent place, après un salut. Un souffle majestueux emporte déjà l’Aéronef, vers des cieux agités. Intimidant, le groupe embarque le spectateur au cœur d’une douce sauvagerie. Les cordes apaisent ou transpercent, tour à tour. La batterie martèle et somme les premiers rangs de reculer, face aux assauts. I’m not Jesus (Corey Taylor de Slipknot, en moins) lance alors Eicca. Nul doute, pourtant qu’Apocalyptica ne soit l’idole attendue du metal classique. Le headbanging autour des violoncelles leur confère des statures magistrales.

Les membres se défient du regard. Le combat fait rage sur les planches et en contrebas. Incroyable comme le public se laisse aller à la communion. Les slams savent se faire cotonneux sur Helden. Bercés par une marée humaine caressante, les corps se meuvent dans les airs avec élégance. Till (Rammstein) manque inévitablement au titre. Mais l’émotion est intacte. On jurerait retrouver les souffles et les pleurs de l’allemand. Intense !

La première reprise de Metallica (Seek and Destroy) conserve la toute puissance des Four Horsemen. Scandé par les metalleux de tous horizons, le refrain marque les esprits. Les poings levés retombent bien vite alors que résonne l’introduction de Bittersweet. L’auditoire plonge dans une torpeur maladive. Les visages s’inclinent et les briquets s’allument.
Last Hope met un peu plus à genoux. La vitesse d’exécution effraie presque. Véritables objets de fascination, les violoncelles sont portés à bout de bras. La chaleur des cordes et du bois se fait plus pressante sur Hall Of The Moutain King. Le spectre de Fritz Lang est dans tous les esprits…Le sifflement de M angoisse. Les musiciens semblent maudits, eux aussi. Leur pouvoir d’attraction n’est plus humain.
Enter Sandman n’endort pas les aficionados. L’expérience live est unique. De même Life Burns soulève une dernière fois la foule, avant un rappel touchant sur Seeman. Les virtuoses se saluent et tirent la révérence avant de se retirer. Rideau !

Noesis.

AQME : HERESIE.



« Thomas, tu me dois un nouvel équipement hi-fi. »
Pour celles et ceux qui veulent tenter l’expérience sonore et braver l’énergie démesurée de cette Hérésie, fusillez les voisins en préambule. Ils ne vous pardonneraient jamais pareilles secousses sismiques !

Au-delà des coups de butoir, l’album marque également par de brillantes mélodies (Karma et Nicotine, premier single). Tour à tour affable et nihiliste, Aqme surprend une nouvelle fois. Thomas se fait vulnérable (Romance Mathématique) et impose son chant comme l’un des plus brûlants de la scène metal française.
Sur Casser / Détruire, joyau hardcore agité, le groupe flirte avec l’extrême. Les paroles pèchent toujours par une simplicité apparente, mais la sincérité transparaît encore. Une authenticité vorace qui s’immisce en l’auditeur, y dessinant une plaie béante. Le manque se fait vite sentir et l’on y retourne avec envie.

« Jamais Aqme n’aura sonné aussi proche d’Aqme. » (Thomas)

Noesis.

AQME. LILLE. Le Splendid. Le 08/12/06.



« « Foutez vous de nos gueules, c’est le moment où jamais ! » lance Thomas, sur scène, grimé en Elvis. Pourtant, il n’y a pas trop matière à critiquer le spectacle auquel nous convie un AQME revisité façon carnaval. Dernière date de la tournée, après trois ans de campagne sur les routes, ce concert explosif est placé sous le signe de la fête et du partage. Le Splendid de Lille est en liesse alors que résonne le thème de Rocky, annonciateur d’un set musclé.

Le pari est réussi. Le groupe touche un public de plus en plus large. Des fans de Slayer se sont mêmes invités dans une salle comble. Sur scène, AQME en impose. Malgré les costumes (Charlotte en lapin coquin…), l’énergie est de mise.
Mes vieilles réserves sur la qualité des textes et l’interprétation Live s’évaporent dès lors que la sincérité des membres transpire comme une évidence. Le son cristallin est assuré par les mains expertes d’une dame de joie, les lights par un adorateur SM. Toute l’équipe est travestie pour cette date exceptionnelle. Amour et franche camaraderie sont palpables. Ne cherche plus Cali. On l’a trouvé, le bonheur !

Ah, que mes oreilles prirent plaisir à redécouvrir des standards matraqués en radio, ici interprétés dans des versions brutes, beaucoup plus tranchantes. Superstar est reprise, scandée, par le public porté par les déhanchements sexy de Elvis. Parano et Pornographie font davantage monter la température. Etienne martèle ses fûts, Benjamin, à la guitare, nargue les premiers rangs sous sa casquette façon Village People.
Nul besoin de « regarder au loin pour avancer », la foule porte le groupe. Bel échange. Thomas Presley, bouffi de générosité, finira le set au plus proche des troupes, en bout de fosse. Un cul d’Etienne et un sex toy de Charlotte plus tard –pas l’un dans l’autre-, il est temps de tirer la révérence et d’applaudir à tout va pareille performance. Noesis, tu reviendras.
« « Foutez vous de nos gueules, c’est le moment où jamais ! ». Promis, j’essaierai la prochaine fois.

Noesis.

ARNO. AERONEF. Le 16 Mai 2007.



L’impression de retrouver un vieil ami autour d’une bonne bière. Refaire le monde, captivé par sa voix éraillée et sa gestuelle furieuse. Arno en concert, c’est les odeurs de bars enfumés et les arômes d’Ostende.
Ce soir, l’Aeronef affiche complet. Le jus de Box tour est de ces spectacles enchanteurs qui vous bringuebalent d’une émotion à l’autre sans crier gare. A fleur de peau, le public connaît le bonhomme, et se laissent embarqué dans son univers si particulier. Grimaçant, gesticulant tel un pantin, le bougre soulève les foules. Les anecdotes d’entre morceaux font mouche. Sarkozy, Hallyday, Mireille Mathieu deviennent les protagonistes involontaires d’histoires incongrues. Sur scène, les musiciens en imposent. Les jeux de lumières minimalistes renforcent la proximité avec le public.
Comme un bon vieux film 16mm qui se débobine, le concert est hors du temps. En aucun cas daté. Les titres du dernier album se fondent, sans faux raccords, avec les plus anciens. Plan séquence sur le chanteur dans les yeux de sa mère. Le souffle coupé, la salle murmure. Instants délicieux. Frissons. Reviens Marie soulève la même émotion. Tout en douceur, Arno chante la rupture comme personne. Négligé, cheveux hirsutes, sur sa chaise, il nous comte avec calme les affres de la vie. La toile encroûtée d’un cinéma de quartier, les effluves d’arrière bar. Tous les sens sont en alerte.
Changement de bobine, With you et ses relans électro plonge l’Aeronef dans un dance floor sous acide. Le chanteur possédé ensorcelle le parterre. Les basses frappent au cœur. Le remaniement du célèbre Oh la la la participe aussi à cet état d’apesanteur. Un véritable trip vers des contrées hallucinatoires.
Deux rappels ne suffiront pas à un public survolté, et encore, et encore, z'auraient pu danser la java… Les filles du bord de mer s’annoncent comme le générique de fin, la dernière pellicule d’un métrage maîtrisé de bout en bout.
La palme d’or du cœur, est, cette année attribuée à Arno pour son Jus de Box Tour.
Applaudissements.

Noesis.

Babyshambles et The Tellers, Aeronef, 13 Janvier 2008



C’est une salle pleine à craquer qui reçoit The Tellers par des applaudissements nourris. Le groupe belge a un peu de mal à réaliser l’accueil chaleureux du public. Leur musique entraînante, leur présence scénique trancheront radicalement avec une tête d’affiche à la ramasse.
Fuck Forever ! Peter Doherty est une sacrée salope. Attendu comme le messie de la dépravation, il n’est ce soir que l’ombre d’une vieille punk star avinée. Une heure de set bien tassée et s’en va. Rarement communion avec le public n’a été si peu survolée. Le regard vide, parfois titubant, difficile de pardonner pareille insulte à l’Aéronef. Les fans auront sans nul doute adoré cette non présence, ce je m’en foutisme permanent. Les plus modérés, eux, n’hésiteront pas à huer alors que les lumières se rallument à 21h15, pour une fin de live annoncée à 21h45.

« - Service après vente des compositions, bonjour. »

Pas grand-chose à retenir de ce simulacre de concert. Peut être, un Delivery ultra efficace qui rebombe le torse, après un Carry On en demie teinte. Les titres s’enchaînent à une vitesse vertigineuse, presque morts nés. Quatre ou cinq morceaux initialement prévus seront oubliés en fin de set. Le respect du public, on connaît ça dans la bande à Doherty. Vingt six euros tout de même pour approcher la légende, sans parler des prix qui enflammaient E-Bay. Le public est loin d’en avoir pour son argent, et il repassera pour le frisson. Heureusement, le spectacle était dans la salle : un couple qui se fout sur la gueule pour une histoire de fesses, des jeunes rebelles qui bravent l’interdiction de fumer, des slams d’une belle brutalité, etc.
Mais pour faire aussi court que Peter, on ne s’étendra pas davantage. De toutes façons, « It’s only rock’n roll » …

Noesis.

Bartone Les Enracinés.



Le sens de la mélodie imparable. Les enracinés mettent à genoux. Bartone signe là un brûlot rock abrasif. S’aventurer aux creux de ces douze chapitres, c’est un peu comme allumer sa première cigarette. La dépendance sournoise s’immisce dans nos vies. Une voix venimeuse s’inocule en veines, lentement. L’envie dangereuse d’y revenir. Première bouffée, dernier espoir de s’en sortir. Le refrain de A Genoux allume la flamme. Ma Chère Ex, le single à paraître, attise d’autres plaisirs planants.
Une histoire d’amour tiède qui brûle de plus en plus. Incroyablement dansant, le titre fait des merveilles. Le temps de reprendre ses esprits, d’en griller une autre et de s’inscrire au Fan Club qu’on ne réalise pas ce qui se trame au-dedans. Bartone, chaînon rock manquant entre Da Silva et Mickey 3D roule vers un succès programmé.
« Faut-il vraiment que je développe ? » Inutile, Bartone. Tu ne mourras pas prématurément.

Noesis.

BAT FOR LASHES : fur and gold



« Viens, ô illustre auditeur, grande gloire de LilleLaNuit. Arrête ta nef, afin d'écouter notre voix. Aucun homme n'a dépassé notre île sur sa nef noire sans écouter notre douce voix. Puis, il s'éloigne, plein de joie, sachant de nombreuses choses. » *

La grosse surprise du moment. L’échappatoire à une pop morose qui tourne en rond. Les quatre demoiselles de BAT FOR LASHES vous enchanteront, vous entraîneront dans une transe chamanique.
Björk en tremble déjà.
Sur le même modèle hallucinogène, votre voyage initiatique sera rythmé par une voix charmeuse. Impossible de ne pas succomber. Telle une belle sylphide, Natasha Kahn, la chanteuse, apaise les maux et hypnotise.
Ne tombez pas du radeau. Médusés, ne vous noyez pas en des eaux tumultueuses. Allez jusqu’au bout du périple. Tendez l’oreille au vibrant Horse and I et sa batterie entêtante, apprivoisez les inflexions d’une voix qui se pose tour à tour sur une harpe et sur des nappes électro. Trophy, touche presque au sacré, dans son ambiance indienne surnaturelle. Le rêve éveillé se prolonge sur onze titres, une isolation sensorielle presque dérangeante.
Enchanteur cet album ?


* Libre adaptation. Homère - Odyssée, XII (v.142-200)

Noesis.

BAWDY FESTIVAL



Pinder, Zavatta et compagnie n’ont qu’à bien se tenir. Un autre cirque est dans la ville.
BAWDY FESTIVAL ne fait pas dans le même style que l’orchestre du cirque Gruss.
Et pas de Monsieur Loyal ici.
Les clowns de la troupe font peur et montent un chapiteau tendance Freak Shows à la sauce hardcore.
Orgue de barbarie, ambiance de foire ténébreuse, on sent presque l’odeur de barbe à papa.
Des sucreries cependant bien encroûtées. Atmosphère lourde dès l’entrée en matière. Des pleurs d’enfants couvrent la douce comptine d’une boîte à musique. Le voyage dans ce barnum de l’horreur peut commencer.
Les portes s’ouvrent dans un fracas effrayant, araignées et squelettes à l’odeur nauséabonde vous passent sous le nez. Brrrr.
La voix vous glace le sang, les enfants flottent peut être aussi dans cet enfer de sons déstructurés. Imprévisibles, comme un train fantôme, on ne sait jamais ce qui nous attend au détour de breaks audacieux.
Une révélation. « Ça » joue diablement bien et l’esthétique est au rendez-vous.
Ambiance aux petits oignons pour un groupe qui maîtrise tout de son univers grand guignolesque.
Bien plus fin et intelligent qu’un SLIPKNOT, plus audacieux qu’un MUSHROOMHEAD --pour les groupes à tendance masquée---, BAWDY FESTIVAL est bien parti pour déterrer votre grand-mère.
Une claque. Une vraie.
Un site internet à l’esprit complètement barré est consultable, pour les plus téméraires, à cette adresse :

Vivement recommandé !

Noesis.

BORIS : De Kreun, Courtrai. Le 03/07/07



Première excursion en la salle DE KREUN, à Courtrai, drôle de mix entre une Malterie et un Splendid Lillois. La proximité avec le groupe BORIS sera totale, peut être même trop… Pas de première partie, l’entrée se fait sur un bruit sourd. L’atmosphère est froide, lourde. Un immense gong trône au beau milieu de la scène. Un malaise palpable s’installe. Le chant se fait alors entendre et l’émotion cède bien vite la place à une syncope des sens. Le son est atroce, les basses détruisent les tympans. Les oreilles se bouchent de partout et les regards fusillent Madame l’ingé son. Dommage, car Farewell possédait quelques belles envolées. C’est les ailes coupées que BORIS entame Rainbow. La belle Wata, au chant est perturbée par de désagréables larsens. Toujours pas de répondant au niveau de la table de mix… Le solo de guitare déstructuré s’en voit lui aussi entaché. Sur un rythme lancinent, cette déflagration sonore est le début d’un nouveau chapitre. Un autre univers est exploré avec Pink, qui démarre sur des bases beaucoup plus metal. Le trio ne fait pas dans la demie mesure et se donne sans compter sur cette tournée européenne. Korosu est lancé dans la foulée. Aucun temps mort. Atsuo, à la batterie mène le morceau. Sa vitesse de jeu est impressionnante, et ses coups de gong vrombissent en chaque spectateur. Oublié les acouphènes et autre surdité passagère, le live emporte tout. Une power ballad trouvera même sa place en fin de set. Un instant de calme et plénitude magnifié par Takeshi et sa guitare basse double manche. Le concert se terminera par quelques trente minutes torturées de l’album FLOOD.
Un live conceptuel aux ramifications multiples qui éclipserait presque les prestations de DIR EN GREY et autres KAGEROU. C’est dire !

Noesis.

CALICO : Faire le jeu.



Il y a un petit côté désuet dans la voix de Calico qui en fait tout le charme. Troisième album, sans artifice, où l’Homme prend le temps de se poser là sur des rythmiques douces mais pas mielleuses. La musique sait se faire vivifiante : passé l’âge et son final enlevé lancent la partie. Le groupe a les cartes en main et sème le trouble chez les auditeurs, qui se mettent bien vite à table, devant un jeu si riche. La tempête gronde. Katel, nouvel atout majeur rejoint Jean Marie au chant pour une embardée expéditive. 1mn47s de gratte aux petits oignons. Foutaises prolonge le plaisir avec des harmonies délicates. Quoi dire… Les paris sont ouverts. Espérons que les cinq musiciens raflent la mise et que le public ne se couche pas. Calico relance le rock breton, et nous on est au tapis !

Noesis.

CHRISTOPHE MAE : Mon Paradis



Christophe Maé est sans doute la plus grosse blague de l'industrie musicale de ces dernières années.
Tout droit sorti d'une comédie musicale à succès d'un autre temps, le jeune homme est le nouveau Roi Soleil du Top 50.
Inconcevable.
Comment un tel phénomène peut-il encore tromper la France entière?
""Papaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa"", voici la réponse.

N'ayons pas peur des mots. Son paradis, c'est avant tout notre enfer.
Christophe Maé est insupportable.
Une voix qu'on croirait extraite d'un vilain cartoon.
Des mélodies bateaux assurées par un canard qui n'est pas là pour révolutionner la marre, mais pour la vider de toute substance.
Des singles à la tracto pelle qu'on voudrait nous faire manger à toutes les sauces.
Partout, il est partout. Et évidemment, il agace. La promotion ne fait pas dans le discret.

Et puis, ce qu'il y a de marrant avec Christophe, c'est qu'il ne se repose pas sur ses acquis. Le petit gars bosse. Il sort des DVDs enregistrés à la plage, fait des clips au soleil où il a l'air triste et concerné.
Autre méchant forfait qui mériterait amputation des jambes: notre homme fait des petits bonds partout comme ses copains kangourous. Un partenariat entre l'artiste et les parcs d'attraction Walibi est à l'étude. Ne pas trop fixer l'animal sous peine d'un décollement de rétine fâcheux.

Christophe, c'est le Alfred J Quack du Top 50. Et rien que pour les bonnes poilades qu'il nous donne à son écoute, on peut lui dire "Coin Coin" (Merci).

Noesis.

Christophe Willem: Fermeture Pour Rénovation



Christophe Willem a depuis deux ans, un capital sympathie gros comme ça. Sa bonhomie et son enthousiasme torpillent n’importe quel plateau télé. L’étoile montante de la variété française brille partout. En un album et demie, La Tortue fait déjà le lièvre et parade bien malgré elle dans une tournée des Zénith.
Néanmoins, sur scène, l’artiste peinait à convaincre avec un concert parfois longuet, souvent bancal.
Rock’n France avait d’ailleurs dressé l’Inventaire de ce double jeu dérangeant.

Défendu par une horde de fans rageuse qui fustige le moindre écart critique, Christophe a déjà un magazine* lui étant entièrement consacré. Rarement pareil abattage médiatique ne s’est fourvoyé dans un consensus aussi rose bonbon. A croire que notre homme touche au divin, ou à l’hypnose.
Et pourtant…

Et pourtant, le double dvd et ses bonus nous réconcilient avec Christophe.
Les menus délirants nous plongent d’emblée dans une bonne humeur communicative
On y verrait presque ce qu'il y a sous la carapace de la tortue ! De même, le coup de fil avec MADONNA est réellement très drôle.
Par instants exaspérant en salle, le dvd recentre le bonhomme sur la performance, sans y aller à fond sur les apartés et reprises interminables. Le concert semble alors plus sobre et davantage cadré. En somme, un live agréable à suivre de bout en bout !

Le documentaire « Raconte moi le concert », intéressant et sincère, va chercher le spectateur. Christophe semble s'adresser directement aux fans, par de petits bandeaux de textes déroulants.
Les défauts relevés lors du live report deviennent alors les atouts de ce dvd. La douce folie du personnage fait mouche. Complètement à l'opposé des vidéos impersonnelles, ces deux disques semblent habités par l’esprit déjanté d’un grand gamin qui s'amuse.
Ce dernier va au gré de ses envies et semble profiter de son nouveau jouet. Christophe nous présente ses idées de mise en scène les plus improbables, notamment une entrée sur les planches ridicule mais tellement drôle. De même, il est agréable de voir que la mécanique du spectacle n'est pas figée (le fou rire sur Pourquoi tu t'en vas) et qu’il y a aussi la place pour de jolis instants d’émotion (les yeux brillants du chanteur quand Zazie le rejoint au Bataclan pour Jacques a dit.)

Très emballant, Fermeture pour Rénovation pourrait être élu produit de l’année, et sonne en tous cas comme une vraie redécouverte de l'artiste.


Noesis.

* Otaké ! Mag

Christophe Willem. Zenith Lille. Le 24 Février 2008.



Jacques a dit : « tire toi une balle dans le pied ».
L’étoile montante de la variété française peine à convaincre avec un concert ennuyeux et bancal de bout à bout. Inventaire, excellent album, ne trouve pas sur scène un écho satisfaisant. Le groovy Quelle chance en ouverture tombe à plat, malgré des fans « au taquet ». Sunny nous est une nouvelle fois proposé, mais le cœur ne palpite plus comme à Baltard. La nouvelle star a beau fendre la fosse sur Le lycée dans une atmosphère de franche camaraderie, quelque chose cloche. En totale roue libre, Christophe Willem se lance dans d’interminables discussions avec son public. Grisé par la foule, il en fait des tonnes, quitte à y perdre de sa superbe prestance. Elu produit de l’année ?

Incompréhensible. Comment Christophe Willem a-t-il pu céder aux affres de la tournée fourre tout ?
Malgré un son et un éclairage soignés, l’intimité ne prend pas. Un bien bel habillage pour un contenu qui joue la carte de l’esbroufe. Quelques titres seront servis par deux fois, revisités en acoustique. L’intérêt est limité. Roublard, Christophe se repose même sur ses facilités déconcertantes ! Sur Safe Text, l’ennui pointe, le chanteur n’allant jamais au bout des choses, survolant une émotion avant de l’ « envoyer valser ».
Le concert « ne tient plus qu’à un fil » : le capital sympathie du personnage. La Tortue, s’efface parfois devant Lauranne (choriste) et Skye (guitariste). Même si on peut saluer cette louable envie de partage (Sky chantera une de ses compositions), il s’agirait de ne pas se perdre.

Les reprises, incalculables, finissent de gonfler artificiellement un set qui s’éternise sur plus de deux heures. Mécanique mal huilée. Certains spectateurs, épuisés, jetteront l’éponge avant la fin. Un rendez-vous manqué pour un talent si grand.

Noesis.

CLOCK Le manifeste des hommes briques.



Dark City. Une fuite permanente. Sur des rythmes syncopés, Clock remet les pendules à l’heure de la contestation. Décret national : le manifeste des hommes briques est une œuvre dangereuse, subversive. Les bas fonds et leurs odeurs stupéfiantes enivrent. L’absinthe coule à flot à Griville.
Le chaland est happé dès les premiers tours de bobines. Album conçu en cinémascope noir et blanc, ce brûlot hantera vos nuits les plus agitées. Des murmures, des cris, un piano lancinant ... Bienvenue au cabaret d’enfer. Jour de comité : à l’étude, cinq malfrats qui pillent le cerveau des honnêtes gens. Leur post rock ténébreux angoisse. Sueur froide, impossible de ne pas succomber aux arrangements tortueux de ce club des cinq éventreurs.
Clock tourne les aiguilles dans la plaie. A cœur ouvert, l’auditeur sort de ce sombre voyage, épuisé. Fasciné.

Noesis.