jeudi 7 mai 2009

IDEAL TOUR DVD



Double DVD généreux en contenu, l’IDEAL TOUR de Jean Louis Aubert est une belle aventure humaine, une histoire de rencontres. Tantôt touchantes, tantôt électrisantes , mais toujours pleines de sincérité. La pépite numéro un renferme un joli docu-live sur la route. Intimité mesurée dans les coulisses, échanges démesurées en Live. Jean Louis n’est pas avare, il entame ce tour de chant, loin de la scène, au plus proche des fans. Le public est d’or et déjà conquis. La couleur cède le pas au noir et blanc dans ce film de franche camaraderie. Le montage fleuve permet une jolie promiscuité avec la bande. Bien plus qu’une simple captation live, ce documentaire étonne par son caractère profondément humain. Des interludes backstage, aux private joke, le fan d’Aubert devient l’alter ego de Jean Louis et s’amuse de ce touchant tête à tête.
Quatre heures de film, deux concerts en sus sur la seconde pépite, des bonus délirants abondent sur ce coffret. La chaleur du public transparaît sur chaque plan, qu’il s’agisse de scander les paroles d’un bon vieux TELEPHONE ou de se laisser bercer par les doux accords de titres plus récents.
Elégant témoignage qui va aux mots essentiels, exaltation des sentiments.
« A la vie, à l'amour ; l’ideal tour en Donne encore, en donne toujours » *

* Libre adaptation de LE MEILLEUR DE TOI-MEME, extrait de Ideal Standard.

Noesis.

INA ICH : éponyme



Un artwork tape à l’œil qui rappelle un certain Antichrist Superstar…Pourtant, cet éponyme transpire la sincérité et les influences (NIN et Dresden Dolls en tête) sont parfaitement digérées. Ame Armée s’avale avec envie, un morceau expéditif façon Reznor, qui ose s’aménager des espaces de calme voluptueux. Kim Thuy, la belle asiatique fait preuve d’une maîtrise vocale stupéfiante. Aussi à l’aise dans les jurements crachés au visage (Crache) que sur des textes plus intimes (Libre comme l’air et son incroyable ligne de piano), Ina Ich, le groupe, alterne les plaisirs. Mais les titres les plus fiévreux restent dans la première partie de l’album. Ils éclipseraient presque les compositions faussement apaisées proposées en dessert. Les audacieuses harmonies de Mon Empire, tout droit sorti d’une boîte à musique enfantine font écho au suicidaire Au Revoir. Jekyll et Hyde hantent ce brûlot, vomi à la face du metal français. Tranchante, Kim expie ses démons intérieurs à la sauce électro. Elle se raconte et embrigade son auditeur dans un univers sombre, écorché. Authentique.

Noesis.

INDO BERCY. 19 MAI 2007



Coupure de son, excoriation des sentiments.
Un Bercy mené à la baguette par un Nicola, maître d’orchestre d’un concert monstrueux.
Indochine a enfanté, ce soir, d’un spectacle à fleur de peau. Tambour battant, le public s’engouffre difficilement dans cette arène aux allures de chaudron bouillant.
« Sirkis, les fidèles qui vont suer pour toi te saluent ».
Le jour de gloire est arrivé, l’étendard sanglant est levé. L’écran tombe, le cœur se met en branle, une jeune fille martèle le rythme des premières émotions. Dans la salle, une marée humaine, à l’unisson, attend fébrilement. Le rideau s’effondre, Bercy succombe.
Toujours ces projections vidéo entêtantes, ce monde à part, l’âme d’une formation enchanteresse. L’émoi des premières fois est intact. La défloraison est violente pour la belle Sirius qui accompagne Noesis sur cette date d’exception. Les larmes pointent, le trouble s’installe. Cette entrée en scène marque les esprits. Les vieux démons indochinois désinhibent la jeune fille. Erotisme mesuré, la moiteur des corps qui se rapprochent plonge la salle dans un maelstrom d’ivresse et de secousse.
Les gradins tremblent, le bateau vacille, le chaos est déjà proche. C’est dans cette ambiance survoltée que la sono fond littéralement. Les fils électriques suintants, les guitares qui perlent, les murs ruisselants, l’apoplexie était inévitable. INDOCHINE fait péter les plombs. Cataclysme prévisible. Alice et June nous emmènent au pays des cauchemars. Vingt cinq minutes de doutes, la tension est palpable.
Finalement, les demoiselles renaissent sous les accords d’un Boris qui veut en découdre. Bercy se relève. Un deuxième round surexcité, impossible de retranscrire pareille furie. Les fans en veulent encore plus. Avides de sensations fortes, ils portent le groupe vers des sphères jusqu’alors jamais rencontrées sur la tournée. Ce soir, INDOCHINE explose les conventions. L’urgence broie les plus fébriles, l’état d’apoplexie est déclaré.
Les miss Marilyn et Adora enfoncent les clous plus profonds, dans la douleur. Crucifié sous l’autel de la perversion, le public est écrasé sous le rouleau compresseur.
L’orchestre symphonique d’Hanoï, grandiose, qui se dévoile termine le travail au corps. Les attaques de violons envoient les adorateurs d’un culte en noir dans les cordes. Troisième Sexe est revisité, avec un supplément d’ « humanité ». Hanoï apporte un vent de fraîcheur dans la salle. Le souffle coupé, l’écoute est attentive, respectueuse. Religieuse. Nicola regarde, admiratif, ces musiciens hors du temps. L’instant est délicieux. « lời cảm ơn » -Merci-

Les guitares saturées succèdent aux harmonies délectables. Les moins de dix huit ans sont priés de fermer les yeux, le Vibrator s’insinue sous les jupes. L’aventurier soulève celles qui en demandaient davantage. Dans la fosse, c’est la jungle Birmane. La vallée infernale ne faiblit pas sur la reprise YOU SPIN ME ROUND.
« Open up your lovin' arms, Watch out, here I come »
Le plaisir est total, des relans de l’instru de CANARY BAY se posent subtilement sur ce classique revisité avec brio.

Une dernière douceur. Il est déjà minuit. Tallula nous amène au pays des songes, la tension retombe lentement. Un dernier souffle de plaisir. Il est temps de se souhaiter bonne nuit.
Onirique.

Noesis.

Indochine: Alice And June Tour DVD.



« L'amour, c'est le physique, c'est l'attrait charnel, c'est le plaisir reçu et donné, c'est la jouissance réciproque… » Paul Léautaud, Ecrivain français.

Difficile de mettre en image pareille union. Le nouveau DVD de Indochine n’est pas aussi voluptueux qu’on l’aurait souhaité. Les corps se confondent, l’union est belle, épuisante. Les partenaires se donnent sans retenue. Mais le rythme est bien trop agité pour satisfaire. Un coït ininterrompu, qui ne prend pas le temps de se poser. Le montage impressionne ou rebute. Les plans serrés en fosse semblent fouillis, insérés sans ménagement. Les râles de Nicola, excusables dans la beauté d’un concert en salle, semblent lourds dans le salon. La voix tressaute, mais ne donne pas le même frisson et se perd dans l’urgence du live. Pourtant, l’entrée en scène tient toujours en haleine. Des images entêtantes, un rythme entraînant, un rideau virevoltant, se mêlent aux courbes de la jeune fille au tambour. Le rythme cardiaque se met en branle. C’est au son électrique de Dunkerque que le Zénith s’embrase. Lentement, la tension monte, le désir grandit. Le Vibrator s’insinue sous les jupes.
Sur les planches, l’émotion est intacte, chez soi, c’est plus ambigu. Ensorceleur, Monsieur Sirkis, est seul maître à bord, pour le plus grand plaisir de demoiselles faussement libertines (Sperm receiver). Les gouttes perlent sur les décolletés. Un public de fidèles, lui aussi, à l’honneur, qui honore la belle Indochine. Le chanteur semble, une nouvelle fois, étourdi par une telle communion, magnifiée par quelques images chocs (Club Paramount en tête).
Malgré les ratés de l’étreinte, le spectateur retourne au DVD avec envie. La première fois n’est jamais d’exception. On prend alors plaisir à redécouvrir les formes aguicheuses de ce témoignage authentique. Le spectacle semble ne pas avoir été retouché. Il est à prendre avec ses erreurs. Les suppléments sont davantage intéressants que ceux d’un 3.6.3 bourré jusqu’à plus soif. Certaines vues du Zénith ébranlent les mirettes, même si d’inconvenants téléphones portables brisent parfois le rêve.
Difficile donc, voir impossible, de retranscrire la furie animale d’un concert indochinois. Pas aussi convaincant en vidéo qu’en salle, le Alice And June Tour restera néanmoins dans toutes les mémoires de fans. La plus belle tournée d’un groupe qui n’en finit pas de détonner sur la scène française. Faisons fi des hésitations. Indispensable, quoiqu’il en soit !

Noesis.

INDOCHINE. ZENITH DE LILLE. Le 07/11/2006



Mais comment font-ils pour me faire retomber dans leur filet à chaque concert ?
Ensorceleur, Nicola Sirkis, m’emmène dès les premières notes pour ne me lâcher qu’à quelques rares passages à vide.
Quelle est donc la recette indochinoise du concert évènementiel ?
Vous avez deux heures trente.

19h00. Un public chauffé à bloc investit le Zénith.
Première partie dispensable de PLASTICINE, où le même morceau est joué en boucle pendant 25 minutes. Les filles savent jouer du rock, mais ne varient pas les plaisirs. Dommage.

Premiers ingrédients : une entrée en scène qui tient en haleine. Des images entêtantes, un rythme entraînant, un rideau virevoltant…
Un souffle grandiloquent assène les premiers coups de massue sur un public déjà conquis alors que résonnent les premières notes de DUNKERQUE.
Le groupe apparaît derrière un voile blanc, au milieu d’intéressantes projections vidéo. A défaut d’être originale, cette mise en bouche, vaut son pesant de battements de cœur.
L’assaisonnement prend. La voix du leader semble en place –et ne faiblira que très rarement- Le groupe en grande forme apporte la note épicée. Le dîner risque d’être délicieux.
L’apéritif se clôt sur ALICE ET JUNE. Beaucoup de monde dans le salon, beaucoup de bruit. Le groupe sait recevoir. Diable, que cette réception est conviviale !

Les premières entrées ont un goût de « j’en reprendrai bien une louche ». Marilyn me fait de l’œil en bout de table, Adora me fait du pied. Cela risque de tourner sexe cette histoire.
Gang Bang me confirme cela. « Où tu veux que je te touche, que j'embrasse ? »
Première faute de goût, J’ai demandé à la Lune, qui n’a pas sa place dans pareille fête. Les maîtres de cérémonie veulent encore séduire les plus récents convives. Les briquets et portables s’allument. Je me ressers un petit blanc en attendant le plat de résistance.
Morphine et June font une entrée remarquée dans la salle. L’assistance est sous le choc. Deux belles pièces, deux morceaux de choix.
Agrémentons ce doux met d’un Trois Nuits par Semaine bien corsé. En contrebas, c’est un champ de bataille. On rejoue le déjeuner sur l’herbe, façon Rock.

DJ, fais tourner ta platine eighties, que ça s’agite encore davantage. Petit Trou tu Normandiras des nouvelles. Miss Paramount nous est amenée sur un plateau d’argent. Pas le temps de se reposer, j’ai le ventre qui gonfle devant pareil festin. C’est de la gourmandise, on y retourne jusqu’à plus faim, car « quand l’appétit va, tout va ».
Stef II me prend la main, c’est une invitation à consommer. « On ressemblera à des filles ». Oui, mais obèses, si on ne sait pas dire Non.
Astroboy nous fait prendre de la hauteur, mais j’ai de plus en plus de mal à décoller. Je desserre la ceinture.

Heureusement, un set acoustique va ralentir les plats délicieux qui se succèdent devant mes yeux ébahis. Je ne suis pas friand de ce genre de spécialité réchauffée. Je passe au rouge avant d’attaquer le dessert.

Ce qui a fait la renommée du chef. L’Aventurier. Une gourmandise, un plaisir, un délice. Manet a remballé ses pinceaux. En fosse, c’est Guernica. Il n’y a plus de place. C’est le trop plein. Il n’est point de bonne compagnie qui ne se quitte.
Mais je ne repartirai pas sans un petit digestif, répondant au doux nom de Tallula. Douce liqueur, instant céleste. Je me délecte de ces derniers instants. Tout en tendresse, de jeunes filles enlacent Nicola sur scène. Une bien belle image pour clore une réception réussie. Monsieur l’ambassadeur et ses serviteurs ne nous sortent pas les chocolats, mais nous invitent gentiment à leur prochaine sauterie.
Et, j’en serai, quitte à me rhabiller en XXL d’ici là.

Noesis.

INDOCHINE, CONFERENCE DE PRESSE, NOVEMBRE 2008



Le Collège des Bernardins impressionne et on se prend à rêver d’une conférence hors norme dans un lieu d’exception. Finalement, ce ne sera « que » le grand auditorium qui accueillera toute la presse musicale. Une centaine de journalistes est conviée à l’évènement. Pour tuer le temps, le buffet de viennoiseries est pris d’assaut.
Avant l’arrivée du groupe, un petit film de 20 minutes nous replonge dans la folie du live indochinois. Efficace et excitant, le documentaire s’achève sur quelques notes enthousiasmantes du prochain album à paraître, le 09 Mars 2009. Terriblement pop, le nouvel opus devrait, à n’en point douter, facilement –re-trouver son public.

Indochine fait alors son apparition, vivement saluée. Un groupe de fans est présent dans la salle, et le fait savoir… Nicola Sirkis prend brièvement la parole, avant de laisser les questions fuser. Pas toujours intéressantes (« rien de plus intelligent ? »), elles permettent d’en savoir un peu plus sur le futur proche du groupe.
Bien évidemment, la part belle est faîte au très culotté concert du 26 Juin 2010. Indochine aura la lourde tâche de transformer le Stade de France en un endroit propice à la communion. Pas évident, mais le groupe a déjà prouvé qu’il savait rester proche de son public, en investissant à plusieurs reprises le bunker Bercy. Nicola rassure l’assistance, le prix ne sera pas prohibitif. Soixante euros maximum pour les meilleurs billets. Rien comparé aux mastodontes internationaux qui se produisent dans de tels places fortes. « Il est possible de vouloir gagner moins d’argent… »
On nous promet un concert différent de ceux de la tournée qui débutera le 06 Octobre 2009 à Rouen. Des invités (« pas encore au courant ») devraient même rejoindre le groupe sur scène.

La tournée, justement, sera tout aussi visuelle que le Alice And June Tour, d’illustre mémoire et se permettrait même quelques haltes au Japon et au Pérou ! Apparemment, hormis le grand stade, aucun autre arrêt en capitale n’est prévu. Mais l’éventualité de concerts secrets n’est pas à exclure…

Enregistré par Gilles Martin, l’album (dont le nom a été caché) est né de la lecture de Prenez soin de vous (Sophie Calle), un recueil de témoignage sur la rupture amoureuse. Malgré cette lourde indication, Nicola promet un album sans concept ni thématique. Dix huit titres enregistrés, quatorze ou quinze figureront sur le disque. Les autres devraient se retrouver en B-side de singles.
Oli de Sat, producteur et guitariste confirme notre première impression. L’album sera plus pop dans les sonorités, peut être même moins rock. De nouveaux instruments feront leur apparition dans l’univers Indo : le ukulélé et même l’accordéon ! Les fans se feront leur propre avis dès le 10 Décembre, date à laquelle le premier single envahira les ondes.

Près de deux heures de discussions se passent, avant que ne résonne le titre Un Ange A Ma Table (duo avec Sue de Pravda). Aussi abouti que le film du même nom de Jane Campion, le morceau ultra calibré radio séduit à la première écoute, et ne vous lâche plus. Un mix improbable entre Alice and June et You Spin Me Round, propre à renverser tous les dance floors.
Indochine quitte alors l’auditorium, sous les applaudissements, suivi de plusieurs fans privilégiés.
Quelques titres en attendant 2009 !
Go Rimbaud Go, Le Grand Soir, Le Dernier Jour, Les Aubes sont mortes, Le Lac.

Noesis.

INDOCHINE LILLE 13 et 14 MARS 2007



« L'amour, c'est le physique, c'est l'attrait charnel, c'est le plaisir reçu et donné, c'est la jouissance réciproque… » Paul Léautaud, Ecrivain français.


Deux étreintes. Deux rapports. Coups sur coups. Sur scène et dans la salle, les corps se confondent, l’union est belle, épuisante. Les partenaires se donnent sans retenue.

La lumière vacille sur un voile, de jeunes filles annoncent tambours en main les premières caresses. Les troupes s’effleurent, premiers contacts. Lentement, la tension monte, le désir grandit. Le rythme cardiaque se met en branle. C’est au son électrique de Dunkerque que le Zenith s’embrase. Les mains se croisent, les langues s’effleurent, les fesses ondulent.
Le documentaire Live à Lille retraçant le sulfureux conte d’Alice & June promet quelques grosses bouffées de chaleur.
Happés par un groupe en jolies formes, les adorateurs de la subversive bande ne faibliront jamais. Le coït sera long et puissant. Le public honore la belle Indochine, qui ne se remet que difficilement de ces préliminaires. Nicola semble, une nouvelle fois, étourdi par une telle communion. Un public fidèle, une histoire d’amour de 25 ans, un épanouissement de chaque instant –X-.

« Le couple heureux qui se reconnaît dans l'amour défie l'univers et le temps ; il se suffit, il réalise l'absolu ». Simone de Beauvoir, Le Deuxième Sexe.

Ces deux soirs, tout n’est que plaisir. L’impur mariage est encore heureux.
L’œuvre de chair se poursuit, sueur et proximité enivrent les sens. Marilyn fait lever les poings, June installe le malaise, on change de position.
Trois Nuits par semaine, nouvelle invitation à l’hédonisme procure bien être et joie… Les gouttes perlent sur les décolletés, les cheveux suintent, les jeans se font trop serrés… Le groupe est en instant de grâce, la défloraison est bien loin, on se donne encore davantage. La passion se fait plus intime, ce qui réunit les deux armées en place est de l’ordre du viscéral. Sur les planches, l’émotion est intacte, la maîtresse indochinoise donne le LA –la, la, tu vois- sur deux soirées conséCULtives. En fosse, les corps se disloquent sous les coups de butoir de Mr Shoes à la batterie.
Nul doute que le bonheur procuré sur scène ne se soit longtemps prolongé sous les draps.

« Le sexe n'est pas une réponse. Le sexe est une question. Et la réponse est : "oui."

Noesis.

JEANNE CHERHAL: l'eau.



Conspuée par un Jean Bernard Hebey aigri chez Ruquier, Jeanne Cherhal, vous m’étiez apparue comme une femme fragile qui défendait son travail avec passion. Face au méchant bougre chroniqueur, votre pimpant album avait été finalement éclipsé pour un jeu de bons mots qui ne laissait guère place à l’expression musicale.
L’eau est tellement loin de l’agressivité déblatérée ce triste jour. Légere, aérienne, Jeanne, vous ne coulez jamais au fond du lac. Les brasses sont douces, amples. L’auditeur vogue de titres en titres, soufflé par une délicate brise.
Canicule met le bateau à flot. Sur un rythme entêtant, votre voix atypique s’aménage de vastes espaces de liberté. Pas toujours juste, le chant participe à cette impression de vagues qui roulent. Un délice fugace pour l’oreille. Une ambiance aquatique berce la fragile barque Cherhal. Toujours sur le fil du rasoir, l’émotion est à fleur de peau. L’amarrage n’est jamais envisageable, toujours le désir de flotter vers vos cieux cléments.
Tu m’attires, Jeanne. Impossible de détourner l’attention de tes mélodies onctueuses. Imaginons nous, seuls au monde, sur une plage de sable fin, caressés par une frêle houle. On dirait que c’est normal aux gens. Nos corps proches, nos soupirs au rythme de tes sonorités charmeuses.
Dame Jeanne, vous avez enfanté là, d’une œuvre enchanteresse. Un paisible cocon dans lequel on plonge sans heurt. Le bain est des plus agréables, de ceux que l’on partage autour de bougies qui crépitent.
Je vous embrasse tendrement.
Votre fidèle Noesis.

Noesis.

JOE ET LA MACHINE.



La machine est en route. Joe est promis à un joli succès. Des mélodies entêtantes, une voix identifiable et de sacrées prises de risques.
Melting pot de ce qui se fait de mieux en chanson française, l’auditeur prend un plaisir certain à découvrir un univers déjà tellement bien dessiné. L’électro chasse la guitare sèche et des plages planantes s’aménagent quelques délicieux instants.
Un seul homme orchestre est au centre de tous ces savoureux sons : Jonathan Rabany. Un rien désinvolte, il aligne cinq pépites authentiques. Petit prince à venir de la scène française, on lui souhaite de nous dessiner d’autres jolis moutons. Une bien belle révélation.

Noesis.

JULIEN DORE : ersatz.



Un album aux allures de fresque, aussi fourmillant que la sensationnelle pochette qui l’assiste. Et de sensations il sera essentiellement question, quatorze titres durant. Loin de n’être qu’une pale copie de ses illustres références (Bashung, Gainsbourg pour ne citer qu’eux), Julien Doré a le pinceau fin pour brosser un univers saturé d’étincelants morceaux. Avec un aplomb étonnant, il fait la nique à son personnage décalé dès l’ouverture (Acacia), un titre qui déroule une voix de velours sur un texte aussi attendrissant que naïf.
Dandy dada lambda sacré nouvelle star, l’artiste signe LA pièce majeure de Ersatz : Bouche Pute. Incroyable voyage tout en apesanteur où Christophe pose une voix incantatrice sur des cuivres délicieux. Les Limites, premier single, passerait alors presque pour un vilain pâté sur une toile de maître. Les collaborations, nombreuses (Cocoon, JP Nataf) n’éclipsent pas l’indétrônable charisme du chanteur. Difficile par exemple, de ne pas se faire hacher menu en duo avec Arno. Pari relevé, Ersatz ne sonne pas comme « le premier album du gagnant de ». Mieux, il vient torpiller les figures imposées qu’on en attendait !

Noesis.